ISMAS, la lute pour la culture en Algérie.

ISMAS, cet institut complétement méconnu du public y a quelques jours encore, fait couler des litres d’encre sur la presse algérienne, des gigas de pixels sur nos écrans de PC, voir maintenant en paquets d’ondes sur les télévisions.
Un institut d’à peine une centaine d’étudiants, qui rentrent en grève, et en arrivent à une grève de faim, qui dure depuis 8 jours à l’heure où j’immacule cet écran de cet écrit, pour des revendications qui n’ont rien d’original tant ce sont les mêmes proclamées partout (un meilleur diplôme, une meilleure pédagogie, et un matériel adéquat), mais cette grève fait le buzz. Pourquoi ?

On ne vous cache pas qu’en Algérie, on ne gère pas le secteur de la culture comme celui des hydrocarbures, et qu’un pays a beau connaître des ingérences, l’Algérie se distingue et brille sur ce terrain. Le secteur de la culture mérite (dixit un profane sur internet) : « Le prix Nobel à Cannes » de la mauvaise gestion.
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Que vient faire le ministère de la culture dans cette histoire ? ba … c’est simple, l’ISMAS en dépend.

L’ISMAS, Institut Supérieur des Métiers des Arts du Spectacle et de l’Audiovisuel, est l’un des 3 établissement supérieurs culturels, avec l’École Supérieur Nationale des Beaux Arts, et l’Institut National Supérieur de Musique, dont le ministère assure la tutelle afin d’apporter à ce pays un semblant de formation dans le domaine de la culture, les beaux arts pour les arts plastiques, l’INSM pour la musique, et l’ISMAS pour le cinéma, la télévision et le théâtre.

Si pour les arts plastiques il existe des écoles régionales, et pour la musique des conservatoires, pour ce qui est du cinéma, l’ISMAS est le seul et l’unique institut du pays à l’assurer.

Ces artistes en herbe, qui se sont engagés dans un domaine très sensibles, tant ça touche les masses, ont tout abandonnés pour l’amour de l’art, bacheliers, c’est les arts dramatiques ou l’audiovisuel qu’ils ont choisi comme vie, et quelle vie ?

La désillusion est grande, et la déception est flagrante. Pédagogiquement, c’est le relâchement totale, le manque d’enseignants, la non application du programme, et le remplissage de l’emploie du temps par des modules secondaires qui se refont 3 années d’affilée. Et le diplôme remis est insultant, étant un diplôme supérieur (délivré par le Ministère de la Culture et par le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, un diplôme universitaire) n’est ni reconnu par le MESRS, ni par le MC … Rajouté à cela le manques de moyens.

Mais cet institut (passé par différentes appellations : INAD, INADC, ISMAAS, ISMAS) a donné de grands noms, Mohammed Fellag, Bouakkez, Malika Belbai, Hichem Mesbah, Nabil Asli, dans un état précaire, la volonté de ses étudiants a été telle que nombre parmi eux sont ceux qui ont réussi.

Cette année cet institut fête ses 50 ans, il a été créé en 1963 par Mustapha Kateb, et cette année, pour la énième fois, les étudiants ont demandé à sa tutelle de lui donner la véritable place qu’il mérite dans le société, le prendre un peu plus au sérieux, et assurer un meilleur enseignement, assurer un meilleur diplôme, et lui procurer un minimum de matériel digne pour sa pédagogie. Les étudiants ont voulu aller jusqu’au bout, la culture a besoin de ses enfants, l’Algérie a besoin de ses enfants, de sa culture.

Un manque de qualité est déploré chaque jour dans les domaine qu’enseigne l’ISMAS en Algérie, et tout le monde sait qu’ON DOIT l’améliorer, et les revendications des étudiants ne sont faite que pour y arriver.

En 2011, le ministère a accepté de négocier, et de revoir tout ça, des ateliers ont été tenus, et tous ces ateliers sont arrivés à des solutions, une promesse de les appliquer dès la rentrée a été faite, et 2 ans après, le ministère répond par le silence, enfin, un silence qui … a été rompu au 4ème jour de grève de la faim par une nouvelle qui choque, au lieu d’une réponse simple qui pourrait en faire une héroïne, et rester dans les annales comme étant celle qui a sauvé l’art dramatique et l’audiovisuel en Algérie, la ministre décide  de fermer le seul et l’unique institut du domaine dans le pays … juste parce que les étudiants ont demandé quelques droits rudimentaires et légitimes …

La presse, les réseaux sociaux, tout le monde a relayé l’info, ça a pris de l’ampleur, alors, de peur, le ministère publie un communiqué, incriminant les étudiants, puis, sur un second élan, l’administration attaque les grévistes en justice …

Cette tragédie à l’algérienne n’est pas prête de se terminer, Homère et Eschyle auraient été jaloux, en Grèce ils n’ont pas pu voir ou imaginer une histoire avec 10 héros, appuyé de 100 de leurs camarades, tenir tête à la déesse cerberienne pour faire d’elle une héroïne. Une tragédie qui se joue dans le pays des hommes qui tuaient les lions à mains nues, sur le bord de la mer où a navigué Ulyss, Barbe rousse et Sinbad, mais dont l’issue reste encore inconnue.

Ces 10 héros, se sacrifiant, en se privant de toute nourriture, pour faire entendre au peuple leur lute juste, et attirer les regards à ce dénigrement flagrant, dans un secteur aussi primordiale pour peuple qu’est la culture. Dix héros, et leurs camarades, veillant sur eux jour et nuit, et organisé de manière à faire de leur lute un exemple, dans la discipline, l’organisation, et le respect des lois, en restant pacifiques, et déterminés. Dix héros qui lutent pour plus qu’une formation, dix héros qui lutent pour l’honneur d’un peuple, pour sa gloire, pour que l’Algérie se montre fière entre les peuples de sa grande culture; Mustapha, Salim, Ramzy, Allaoua, Yacine, Ali, Madjid, Cheikh, Youcef, et Oussama, retenez bien ces noms, car si demain l’Algérie a un cinéma, ça sera grâce à eux !

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Une réflexion sur “ISMAS, la lute pour la culture en Algérie.

  1. Pour une fois que des grevistes ne demandent pas de l’argent ou des rappels sur salaires au gouvernement, ils se voient attaqués en justice!

    Ils auraient du faire pareil que les enseigants ou les postiers : demander de l’argent.

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